Sur la trace des fées

Chaque région, chaque contrée possède sa pierre des fées, sa colline mystérieuse, un endroit où les créatures du petit peuple aiment à se rencontrer. Il suffit de consulter un atlas ou d’écouter ceux qui vivent au rythme de la nature pour les découvrir au détour d’un talus, à la lisère d’un bosquet. « Table-des-fées » ou « Trou-des-fées » n’est-il pas le témoignage manifeste de la présence – pas si lointaine – de ceux et celles qui se jouent, avec innocence ou malignité, des hommes ? Qu’elles que soient leurs noms ou leurs apparences, les Fées ont modelé l’histoire secrète de la France, prodiguant bonheur ou mauvais oeil. Mais surtout fournissant matière à mille et une veillées emplies de contes et de fables…

Extraits

 

LES FÉES SORCIÈRES [Somme]

Sous la poussée du christianisme, les fées picardes firent alliance avec les sorcières. Les unes et les autres se retrouvaient parfois lors de ces assemblées rituelles que constituaient les Sabbats. A Doingt-Flamicour, elles se réunissaient autour de la Pierre-de-Gargantua, tandis qu’à Warloy-Baillon, elles menaient leurs rondes au Champ-des-Fées. Mais, l’un des lieux les plus renommés pour ses Sabbats restait le Bois-aux-Fées de la forêt d’Orville, près de Thièvres. Partout où elles avaient dansé, fées et sorcières laissaient derrière elles l’empreinte de leurs piétinements. Sur ces ronds d’herbe foulée, aucune végétation ne reprenait vie.

 

LE SABBAT DU BOIS D’ORVILLE  [Somme]

Dans le bois d’Orville, près de Thièvres, se trouve un espace d’environ cinquante ares de superficie et de forme circulaire, et dont la végétation contraste fortement avec celle du reste du bois ; quelques bouleaux rabougris et quelques genêts seuls poussent dans cet endroit maudit près duquel est une petite mare remplie d’une eau toute croupie. Ce lieu est désigné par les paysans des environs sous le nom de “Bois aux Fées”. Voici ce que l’on raconte sur cette partie du bois :
Il y a fort longtemps, chaque samedi soir, les fées et les sorcières avaient coutume de s’y réunir de fort loin pour y fêter le grand Sabbat. Dès que la nuit commençait à tomber, les sorcières arrivaient la lanterne en main et montées sur un manche à balai en guise de cheval. On s’assemblait autour de maître Satan et chacun racontait les événements de la semaine ou narrait à l’avance les expéditions projetées. Après le conseil, la danse commençait pour ne finir qu’au matin. Ce moment arrivé, les rondes cessaient, les sorcières prenaient leurs livres d’enchantements déposés dans les buissons ; puis elles retournaient auprès de leurs maris endormis qui ne se doutaient de rien…
[Emile-Henri Carnoy, Littérature orale de la Picardie, 1883]

 

Quelques extraits de presse…

« Quels que soient leurs noms ou leurs apparences, les fées ont modelé l’histoire secrète de la France… Marie-Charlotte Delmas a ouvert ce grand livre d’images. On pourrait se demander si une petite fée ne s’est pas nichée dans le creux de son épaule tant son ouvrage apporte documentations, témoignages et extraits littéraires… Un livre à la riche iconographie puisée dans les journaux populaires du XIXe siècle et enrichi d’aquarelles de Laurie Prévot. » (Centre Presse Aveyron, décembre 2004)

« Sur la trace des fées propose un inoubliable tour de France des êtres féeriques et des légendes qui s’y rattachent… » (11 avril 2005)