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Le Légendaire des dragons, mythes et légendes des dragons de France, de Belgique et de Suisse, Fetjaine, 2010.

 

Livre nominé pour le prix spécial du jury des Imaginales 2011.

 

Les dragons ne figurent pas seulement dans les légendes chinoises ou les romans d’Héroïc-Fantasay. Ils apparaissent aussi dans nos campagnes, si l’on en croit les nombreuses légendes françaises, belges ou suisses qui les mettent en scène sous des noms et aspects divers : serpents monstrueux, sauriens ailés, hydres, basilics, vouivres, codrilles…
Présents dans l’Antiquité babylonienne, grecque ou romaine, aussi bien que dans les mythes qui accompagnent l’installation du christianisme, où les saints « sauroctones », c’est-à-dire tueurs de dragons, abondent, ces créatures effrayantes et fascinantes poursuivent leurs ravages jusqu’à l’aube des temps modernes. Les nombreux récits d’apparition de « bêtes » locales furent si tenaces qu’on les racontait encore dans nos campagnes au XIXe siècle.

C’est tout ce légendaire qu’interroge Marie-Charlotte Delmas au fil d’une enquête à travers les siècles et les régions, passionnante, érudite et surprenante.

 

 

Extraits de l’ouvrage

 

Le dragon, ou l’animal multiformes que l’on nomme ainsi, est spontanément associé à la lointaine Asie, et en particulier à la Chine, où il trône en tant qu’emblème de l’Empereur. De fait, les traditions et récits chinois, comme ceux de l’Inde, où le dieu Indra aura à vaincre plusieurs de ces monstres reptiliens, mettent en scène de nombreux dragons . Cependant, le dragon figure aussi en bonne place dans les traditions occidentales où il joue longtemps un rôle de premier plan. Présent dans les mythologies, il est l’un des acteurs principaux de nombre de récits du moyen-âge et subsiste jusqu’au XIXe siècle, où on le retrouve sous des formes atténuées dans les croyances populaires des paysans. C’est de cette tradition occidentale du dragon dont il sera question dans cet ouvrage.

Mais qu’entend-on ou que traduit-on par le terme de dragon ? Les dragons qui ornent les murs de la porte d’Ishtar de l’antique Babylone sont bien différents des grands ophidiens gréco-romains ou de cet animal de type saurien que les saints et les chevaliers affrontent au Moyen Âge, représentation qui est celle que conservera la mémoire collective. En effet, le dragon tel que nous l’imaginons aujourd’hui est un animal hybride dont la forme s’est fixée au fil du temps. Il emprunte son corps et sa tête au lézard, son corps aux sauriens préhistoriques, ses ailes membraneuses aux chauves-souris, sa queue au serpent, ses pattes aux lions ou aux oiseaux, ses écailles au crocodile. Mais il n’en a pas toujours été ainsi.

Le terme grec « drakon » évoque la fixité du regard du serpent. Chez les Latins, le mot « draco » est employé indifféremment pour décrire les créatures qui se sont fixées dans l’imaginaire collectif sous le nom de « dragons » et les serpents monstrueux. Il arrive d’ailleurs que dans un même texte l’animal soit nommé tour à tour « dragon » et « serpent». Dans le légendaire européen, du Moyen Âge au XIXe siècle, le terme de dragon s’applique aux serpents ailés ou non, de toutes tailles, avec ou sans pattes, qui hantent tous les éléments, la terre, l’air et l’eau. L’hydre, et certains autres animaux fabuleux, comme le basilic ou la vouivre, lui sont apparentés. Nous pourrions également, même si ce ne sera pas le cas dans le cadre de cette étude, joindre à cet inventaire certaines fées, comme la célèbre Mélusine du Poitou qui se transforme en dragonne humaine à queue de serpent et à ailes de chauve-souris, ou les « dragas » de l’Ariège, dont le nom et la queue serpentiforme rappellent le dragon.

Pour composer ce légendaire populaire, qui exclue les récits présentés comme des fictions (contes et romans), j’ai sélectionné un large éventail de textes. Large dans le temps, puisqu’il contient des récits écrits au Moyen Âge aussi bien que des histoires et des « témoignages » collectés au XIXe siècle. Large en ce qui concerne la nature des dragons, car j’y ai inclus les serpents monstrueux, et ces formes populaires de dragons que sont les basilics et les vouivres. Ne pouvant embrasser en un volume toute l’Europe, j’ai choisi de présenter le légendaire particulièrement riche des dragons de France en y ajoutant ces deux pays frontières que sont la Belgique et la Suisse. La Belgique, pour deux célèbres et incontournables récits ; la Suisse, pour les nombreux témoignages oculaires d’apparitions de dragons pris en compte par les naturalistes, qui rendent ce pays unique en la matière.

Dans la mesure du possible, j’ai fait en sorte de présenter les récits et les témoignages sans les adapter, de sorte à ne trahir ni leur auteur, ni leur contexte. Je me suis contentée de rendre lisibles au lecteur d’aujourd’hui les textes en ancien français. Pour l’iconographie qui les accompagne, et en dehors des gravures qui représentent le plus souvent les lieux où se situent certaines légendes, l’essentiel des dragons qui figurent dans ce volume ont été exécutés à partir des miniatures et enluminures de manuscrits moyenâgeux et des planches qui figurent dans les premiers traités zoologiques.
Muni de ces quelques repères, il est temps maintenant de fixer votre armure et de partir chevaucher le monde des dragons.

 

 

 

Quelques extraits de presse…

 

 

« … Livre superbement illustré et qui devrait intéresser quiconque s’intéresse de près ou de loin à ces créatures étranges et mystérieuses… » (Christophe Van de Ponseele, Khimairawold.com, 2010)

 

« … une enquête à travers les siècles et les régions, passionnante, érudite et surprenante. »  (Science et inexpliqué, 2011)