Poltergeist

On regroupe aujourd’hui sous le terme Poltergeist (de l’allemand poltern, faire du bruit, et Geist, esprit) toute une série de phénomènes inexplicables qui se produisent dans les maisons. Il peut s’agir du bruit de coups ou de sons plus élaborés, de l’agitation, de la projection ou du déplacement d’objets parfois très lourds, de jets de pierres et autres matériaux à l’intérieur d’habitats clos ou sur leurs toits ou leurs façades. Dans nombre de cas, la manifestation est multiple et emprunte plusieurs de ces formes à la fois.

Si le mot Poltergeist, déjà en usage en Allemagne au xvie siècle, est bien pratique pour regrouper ce type d’événements étranges, il sera tardivement utilisé en France. En effet, jusqu’à la fin du xixe siècle, on parle de maisons hantées, d’esprits frappeurs, de lutins tapageurs, d’agissements diaboliques, en fonction de l’origine que l’on attribue à ces fauteurs de troubles.

Les jets de pierres et autres matériaux représentent la forme la plus curieuse de Poltergeist et c’est sur ce type particulier de poltergeist que je travaille actuellement, après avoir réunis plus de 100 cas du Xe au XXe siècle.

Voici l’un de ces cas qui se déroule en plein Paris.

Le Poltergeist de la rue des Grès en 1849

 

 

 

 

 

 

 

Récit publié par Jean-Eudes de Mirville dans son ouvrage Des esprits et de leurs manifestations diverses, Tome 1, Paris, 1863.

 

Photo de la rue des Grès avant sa disparition. 

Le 2 février [1849], on lisait dans la Gazette des Tribunaux :

Un fait des plus singuliers, fait qui se reproduit chaque soir, chaque nuit depuis trois semaines, sans que les recherches les plus actives, la surveillance la mieux entendue, la plus persistante, aient pu en faire découvrir la cause, met en émoi tout le quartier populeux de la Montagne-Sainte-Geneviève, de la Sorbonne et de la place Saint-Michel. Voici ce que constate, d’accord avec la clameur publique, la double enquête judiciaire et administrative à laquelle on procède sans désemparer depuis plusieurs jours :

Dans les travaux de démolition ouverts pour le percement d’une rue nouvelle, qui doit joindre la Sorbonne au Panthéon et à l’École de droit, en traversant la rue des Grès, à la hauteur de l’ancienne église qui a successivement servi d’école mutuelle et de caserne d’infanterie, se trouve, l’extrémité d’un terrain où existait autrefois un bal public, le chantier d’un marchand de bois au poids et de charbon, chantier que borne une maison d’habitation, élevée d’un seul étage avec greniers. C’est cette maison, éloignée de la rue d’une certaine distance et séparée des habitations en démolition par les larges excavations de l’ancien mur d’enceinte de Paris construit sous Philippe-Auguste et mis à découvert par les travaux récents, qui se trouve chaque soir et toute la nuit assaillie par une grêle de projectiles qui, par leur volume, par la violence avec laquelle ils sont lancés, produisent des dégâts tels, qu’elle est percée à jour, que les châssis des fenêtres, les chambranles des portes sont brisés réduit en poussière comme si elle eût soutenu un siège à l’aide de la catapulte ou de la mitraille.

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Mon dernier livre : un roman

 

 

Rennes-le-Château, L’Evangile des Bergers, ODS, 2020

Le trésor de l’abbé Saunière à Rennes-le-Château a fait couler beaucoup d’encre et déchaîné bien des passions. Mais si cette histoire était bien plus mystérieuse qu’il n’y paraît ! Mort, disparition, agression, l’émoi règne dans le village en ce début de XXIe siècle. Il faudra remonter le temps jusqu’à l’origine du “trésor” pour comprendre en quoi il consiste et quels intérêts sont en jeu. 

Superstitions et croyances populaires